Archives

Le savon de Marseille

Nous revenons en France, pour vous parler d’un produit naturel utilisé depuis des siècles. Il n’est pas toujours nécessaire de partir au bout du monde pour être dépaysé, la France a également une histoire surprenante, des paysages splendides et variés, des secrets de beauté. Pour cela direction la Provence bordée par la Méditerranée à l’ouest, enserrée par des massifs au nord et à l’est et des calanques au sud. Vous avez devinez de quel produits nous allons parler ? Il s’agit du savon de Marseille ! 

Marseille

Marseille

Ses origines: 

Ce savon a une histoire étonnante qui débute aux bords de La Méditerranée dans l’Antiquité puisqu’on a retrouvé des traces de mixture à base d’huile, d’eau, et de cendres. Par la suite au Moyen-âge, le procédé de fabrication est inventé en ajoutant de la chaux aux cendres lessivées. Le savon de Marseille est un descendant du savon d’Alep car le mode de fabrication  original (huile d’olive et laurier) provient de la ville d’Alep en Syrie. Ce produit a été ramené à Marseille suite aux croisades. La ville va développer le procédé de fabrication original au point de créer un nouveau produit et de lui conférer toutes ses lettres de noblesse. Marseille et ses environs disposant de toutes les matières premières nécessaires à la production du savon (l’huile d’olive, le sel et les cendres de Salicorne de la Camargue).

 

Au fil des siècles, le procédé de création va être amélioré, notamment par l’invention de   Nicolas LEBLANC au point de devenir le savon que nous connaissons actuellement. Fabriquer le savon de Marseille est une affaire sérieuse, c’est pourquoi la fabrication a été très réglementée notamment par un édit de Louis XIV. C’est d’ailleurs cette réglementation  qui a fait la renommée des savonneries marseillaises.

 

De nos jours, les méthodes de fabrication du savon de Marseille restent très encadrées puisque  la direction générale de la concurrence, consommation et de la répression des fraudes exerce son contrôle. On peut dire en pratique qu’il existe un « code du savon de Marseille ». 

  

Sa fabrication: 

 

 Les différentes étapes de fabrication peuvent différer légèrement d’une savonnerie à une autre mais elles comprennent en général :

 

·          L’EMPATAGE ou SAPONIFICATION: Les huiles végétales et la soude sont introduites dans un chaudron et portées à ébullition. A ce stade la saponification commence, une pâte de savon se forme progressivement. 

·          LE LAVAGE ou RELARGAGE : La pâte de savon est lavée plusieurs fois à l’eau salée afin d’éliminer les résidus de soude. 

·          LA CUISSON : La pâte cuit de 8 à 10 jours à une température d’environ 100 °. Le chaudron est allumé le matin et il est éteint le soir. 

·          L’EPINAGE : Le surplus de liquide est retiré par décantation. 

·          LA LIQUIDATION : Le savon bout une dernière fois à gros bouillon et il est arrosé avec de l’eau pur afin d’être débarrassé de toutes impuretés. A ce stade, le savon acquiert sa dénomination « d’extra pur ». La pâte repose entre 18 et 48 heures et le maitre savonnier « goûte » son œuvre, c’est-à-dire qu’il vérifie sa consistance et son homogénéité. 

·          LA COULEE DE LA CUITE : La pâte de savon est versée encore chaude dans de gigantesques moules. 

·          LE SECHAGE : Il dure environ 48 heures mais la durée de séchage peut être réduite les jours de mistral. 

·          LE DECOUPAGE : Une machine découpe le savon en pains de différents poids. 

·          LE SECHAGE SUR LES CANISSES : Les cubes de savon sèchent sur des canisses en bois pendant 48 heures afin que se forme une croûte à leur surface. 

·          L’ESTAMPILLAGE : Les savons sont marqués sur leurs 6 faces et l’estampillage mentionne qu’il contient 72 % d’huiles. C’est à ces conditions qu’il acquiert sa qualité de véritable savon de Marseille.

 

Le procédé de fabrication du savon de Marseille est très spécifique, malheureusement il ne bénéficie pas d’appellation d’origine contrôlée, il faut donc être vigilent lors de l’achat de votre savon de Marseille.

                                                                 

 

Savon de Marseille
Savon de Marseille

 

Ses vertus:      

 

Le savon de Marseille est un produit universel, intergénérationnel, simple, efficace, 100% naturel…, eh oui incontestablement il mérite tous ces adjectifs et bien plus encore.

 

Ce savon grâce à ses qualités intrinsèques, réussit le tour de force d’être à la fois un produit de lessive et un produit de beauté, mais possède également d’autres utilisations étonnantes.

 

·          Le savon de Marseille est bien entendu connu comme produit d’hygiène corporelle.

 Il peut être utilisé sur tous le corps puisqu’il peut également servir comme shampoing pour les cheveux courts et de dentifrice (bénéfique pour les gencives).

Ce savon n’irrite pas, il est onctueux et doux et est recommandé par les  dermatologues en cas d’eczémas ou d’intolérance aux savons et bases lavantes de synthèse.

Comme ce savon ne contient ni parfum, ni colorant, le risque d’allergie lié à son utilisation est nul, c’est pourquoi il est conseillé pour les peaux délicates des bébés.

A savoir que le savon de Marseille peut également être utilisé pour exfolier la peau notamment dans un hammam car il satine la peau.

Pour les hommes, il pourra être utilisé comme mousse de rasage.

 

·          Le savon de Marseille est aussi un produit de lessive hypoallergénique. 

 Il détache efficacement les textiles frottés avant le lavage.

 Il est fortement recommandé pour laver le linge des personnes ayant une peau délicate comme les bébés.

En plus de cette action détachante, le savon de Marseille est biodégradable, son utilisation n’est dons pas néfaste pour la planète.

C’est pourquoi après avoir été ringardisé, il connaît un nouveau succès du fait de la prise de conscience des consommateurs sur les produits chimiques utilisés dans les produits de toilette et les lessives. Voici une petite recette de lessive pour le linge à base de savon de Marseille à réaliser soi-même :

 

-          80 grammes de savon de Marseille (acheté en paillettes ou découpé sur votre pain avec un économe)

-          1,5 litre d’eau

-          1 cuillère à soupe de vinaigre blanc (afin de détartrer la machine)

-          1 cuillère à soupe de bicarbonate de soude (pour préserver les couleurs de votre linge)

-          Secouez-le tout vivement. C’est prêt !

 

·    Le savon de Marseille a également d’autres utilisations plus méconnues :

 Il est conseillé pour la toilette des animaux domestiques

Il fait briller les bijoux (diluer un morceau de savon de Marseille dans de l’eau bouillante et faites y tremper vos bijoux)

Il parfume les vêtements (Déposer un bout de savon dans votre armoire)

Il repousse les mites (Placer un morceau de savon au sein des vêtements)

Il nettoie et assouplit les pinceaux

Il chasse les pucerons sur les plantes (Mélanger 50 g de savon de Marseille et une gousse d’ail écrasée dans un demi-litre d’eau et mettre le tout dans un pulvérisateur)

 

Si vous connaissez d’autres utilisations, n’hésitez pas à nous les faire partager.

 

On a tous des souvenirs du savon de Marseille car il fait en quelque sorte partie du patrimoine français, nos mères ou grand-mères en ont tous un bout dans un recoin de la salle de bain.

Et vous, quels sont vos souvenirs ?  

3 réactions »

Le point sur les labels et l’appellation « BIO » en cosmétique

Chacun se fait une idée du « BIO », mais cette appellation n’est pas toujours réglementée. Elle ne l’est pas dans le secteur cosmétique par exemple. Alors, comment faire confiance aux produits cosmétiques bio ? Le seul gage de confiance, ce sont les labels, qui répondent à des cahiers des charges limitant les risques.  Mais là encore, pas facile de s’y retrouver !

Pour mieux comprendre la signification des différents labels et mieux consommer, en accord avec vos convictions et vos souhaits, suivez le guide de green beauté :

NATURE ET PROGRES : du 100 % bio !


Logo_nature_progres

Nature et progrès est une association qui regroupe des consommateurs et des professionnels œuvrant pour le développement de l’agriculture biologique dans le respect de la vie, de l’environnement et de la justice sociale. Le label Nature et Progrès, créé en 1998, est le plus intransigeant :

  • 100 % des ingrédients naturels végétaux et animaux (miel, lait et œuf uniquement) sont certifiés bio,
  • 0 % de produits de synthèse,
  • Les emballages et suremballages sont biodégradables ou recyclables,
  • Aucun test sur les animaux.

Le référentiel du label pose aussi des conditions sur le transport et la transformation. On trouve généralement les produits labellisés dans les boutiques bio et sur les sites de vente en ligne de produits biologiques. Ce label a tout pour convaincre les acteurs les plus engagés dans le développement durable !

Site web : www.natureetprogres.org

NATURLAND : première place ex-aequo avec du 100 % bio !

naturland

Naturland est fondé en Allemagne en 1982. Aujourd’hui, c’est la plus importante organisation de l’agriculture biologique dans le monde entier. On peut faire une confiance totale à ce label, qui offre les mêmes garanties que Nature et Progrès, notamment :

  • 100% d’ingrédients naturels végétaux et animaux certifiés bio,
  • 0 % de produits de synthèse,
  • Des emballages et suremballages biodégradables ou recyclables.

ECOCERT : très exigeant à tous les niveaux, et le pourcentage en bio est marqué sur l’étiquette !

 
ECOCERT est un organisme français de certification reconnu par les pouvoirs publics. Deux labels ECOCERT existent depuis 2002 :

ecocert-bio

Le label BIO qui garantit :

  • Au moins 95% d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle sur le total des ingrédients (y compris l’eau),
  • Au moins 95 % d’ingrédients certifiés bio sur le total des ingrédients végétaux,
  • Au moins 10 % d’ingrédients certifiés bio dans le produit fini.

ecocert-cosmetique-ecologique

Le label ECO qui garantit :

  • De 50 à 94 % du total des ingrédients issus de l’agriculture biologique,
  • 95 % d’ingrédients végétaux.

Sont exclus :

  • Les ingrédients d’origine animale,
  • Les ingrédients de synthèse (sauf quelques-uns encore indisponibles sous forme naturelle),
  • Les OGM…

Le vrai plus pour le consommateur, c’est qu’il connaît la teneur exacte de produits bio  contenu dans le produit qu’il achète car le label exige que le pourcentage soit précisé sur l’étiquetage. Le contrôle porte sur l’ensemble de la filière jusqu’au produit fini et s’inscrit dans une réelle démarche de respect de l’environnement.

Site web : www.ecocert.fr

L’organisme de contrôle d’ECOCERT a collaboré à l’élaboration d’une autre charte, équivalente en ternes de garanties :

COSMEBIO : une valeur sûre… même niveau de confiance qu’ECOCERT

La charte COSMEBIO est née d’une collaboration entre professionnels des cosmétiques désireux de s’engager sur le terrain écologique et biologique. Elle comprend deux labels s’appuyant sur un cahier des charges déposé au Ministère de l’ Industrie en 2002 :

Logo_cosmebio

Le label BIO de COSMEBIO offre les mêmes garanties que le label BIO d’ECOCERT (Voir ci-dessus), notamment la mention de la teneur exacte en produits bio.

Cosmeco

Le label ECO garantit une composition de :

  • 95% d’ingrédients d’origine naturelle,
  • 50% d’ingrédients végétaux certifiés bio,
  • 5% d’ingrédients certifiés bio dans le produit fini.

… et des emballages et suremballages biodégradables ou recyclables.

Les principaux interdits sont :

  • Les OGM,
  • Les matières issues de l’industrie pétrochimique,
  • Les parfums et colorants,
  • Les tests sur les animaux…

La charte COSMEBIO repose sur une information exhaustive et une transparence sur l’ensemble de la filière. On trouve les produits labellisés dans de nombreux points de vente (y compris en grande distribution), à des prix comparables à ceux des produits similaires sans label. Le consommateur est valorisé et respecté, tout comme l’environnement, alors aucune raison de se priver !

Site Web : www.cosmebio.org

COSMOS : le dernier né, destiné à remplacer bientôt COSMEBIO et ECOCERT

COSMOS est un jeune logo européen qui labellisera ses premiers produits à l’automne 2009. Il est né de l’association de plusieurs organismes dont BDIH, COSMEBIO, ECOCERT, et d’autres labels européens. Il est amené à les remplacer d’ici 2012.

Côté garanties :

  • La chimie de synthèse est limitée à 5%,
  • 20 % du produit fini doit être certifié bio (eau non comprise), sauf pour les lotions (10%),
  • 95% des ingrédients végétaux sont d’origine biologique,
  • 0% d’ingrédients de synthèse (2% de produits listés seront encore tolérés pendant la période de transition de 3 ans, afin de permettre aux fabricants d’adapter leurs formules et de trouver des solutions de remplacement)
  • Les emballages et suremballages doivent être biodégradables ou recyclables.

Sont interdits :

  • Les ingrédients d’origine animale,
  • Les tests sur les animaux,
  • Les OGM…

Ce label est rigoureux, sauf peut-être en ce qui concerne les 5 % de transformation chimique autorisée, mais il est cependant digne de confiance, car il oblige à indiquer le pourcentage sur l’emballage du produit cosmétique bio, et son référentiel comporte des critères concernant l’utilisation de la chimie verte et l’usage de sources d’énergie renouvelable.

Site Web : www.cosmos-standard.org

NATRUE : pas très clair… fiez-vous au nombre d’étoiles, comme au restaurant !


natrue

NaTrue est un label européen lancé en 2008 sur l’initiative d’un groupe de fabricants de cosmétiques naturels et biologiques.

Son cahier des charges exige :

  • 19% d’ingrédients certifiés bio dans le produit fini,
  • Des emballages et suremballages biodégradables ou recyclables,
  • Aucun parfum ni colorant de synthèse,
  • Pas d’OGM…

Les critères du label NaTrue ont beau être stricts et transparents, ce dernier sème la confusion en comportant trois niveaux de certification :

  • Cosmétiques naturels (*),
  • Cosmétiques naturels en partie bio (**),
  • Biocosmétiques (***).

Les garanties sur la composition des produits varient selon le niveau de label accordé, et le taux de produits de synthèse peut finalement être très important !

Le problème majeur de ce label est son manque de clarté, et son référentiel ne comporte pas de critères sur les impacts liés au transport des matières premières ou à l’énergie nécessaire pour la fabrication.
Il concerne environ une centaine de produits pour l’instant, essentiellement sur le marché allemand.

Site Web : www.natrue-label.fr

BDIH : des produits naturels certes, mais pas forcément bio !


BDIH

BDIH est une fédération allemande de marques pharmaceutiques et d’industries qui crée en 1996 un groupe de cosmétiques dits « naturels ». Ce label est assez présent en France, en particulier dans les boutiques et supermarchés bio.

Un cahier des charges établit les règles en termes de composition et de production de produits de beauté naturels, et exige :

  • Des principes de formulation naturelle, végétale ou minérale,
  • Une utilisation limitée des conservateurs (devant être mentionnés),
  • Aucun colorant ou parfum de synthèse,
  • Aucun test sur les animaux…

Mais attention : il ne garantit en aucun cas des formulations à base d’ingrédients issus de l’agriculture biologique ou d’origine équitable : il les préconise seulement. Et les critères écologiques concernant les emballages, le transport ou la transformation sont facultatifs.

Site Web : BDIH

Éco-label européen (shampooing et savon) : meilleur pour l’environnement


ecolabel

Les produits conformes à l’éco-label européen garantissent un impact réduit sur l’environnement tout au long de leur cycle de vie avec un niveau de performance égal aux produits classiques, mais attention : ils ne sont pas forcément formulés à base d’ingrédients naturels.

SOURCES :

Bioreflexe.com

Mescoursespourlaplanete.com

Cosmetique-bio-and-co.com


Pas de réaction »